Publié le 17 Mars 2019

 

"Méditation Mindfulness Vipassanā" de Mahasi Sayadaw. (Broché: 149 pages - 4,20 € et e-book 0,89 € ).  

Voir le lien: https://www.amazon.fr/dp/1798630133

Nous reproduisons ci-après les textes de présentation figurant sur la quatrième de couverture.

"Ce livre répondra à la demande de nos contemporains soucieux d'expérimenter une méthode de méditation portée par un courant spirituel majeur, le Theravāda. Mahāsi Sayadaw (1904-1982) a enseigné la méditation de la Vision Pénétrante Satipaṭṭhāna-Vipassanā à des milliers de pratiquants. Souhaitant transmettre cette méthode  aux Occidentaux, il l'avait fait traduire en anglais."

"Le présent ouvrage est la version française de cette traduction. Puisse-t-il servir de guide sur le long chemin de la Libération tant aux débutants qu'aux méditants expérimentés."

"Le Bouddha a conseillé Satipaṭṭhāna, c'est-à-dire la pratique de la Pleine Attention, à tous ceux qui cherchent à progresser spirituellement et à réaliser l'Éveil. Le bouddhisme consiste, de par sa nature même, en une voie concrète, un ensemble de méthodes physiques et psychologiques conçu pour parvenir à cette réalisation. La méthode décrite dans ce livre est le fondement de toute méditation bouddhiste."

 

Quand la connaissance de la Vision Pénétrante est parvenue à un stade avancé au point d'être devenue affûtée, forte et lucide, elle comprend que chaque phénomène se manifestant à l'une des six portes des sens est éphémère ou douloureux ou dépourvu d'un "moi". Mahāsi Sayadaw

 

Paru en mars 2019, ce livre est la traduction de l'ouvrage écrit par Mahāsi Sayadaw à l'intention de ceux qui cherchent une méthode directe et simple, compréhensible par tous et applicable dans leur vie quotidienne.

Autant l'enseignement de la méditation selon Mahāsi Sayadaw est connu et développé dans les pays anglophones, autant est-il quasiment inconnu et rare dans les pays francophones. À notre connaissance, notre très modeste association de Morlaix mise à part, seuls deux centres dispensent cette méthode, le Centre Sakyamuni, situé dans l’Yonne et le Centre Dhammaramsi (Dhamma Group), situé à Rivière en Belgique. Ces deux associations organisent des retraites de méditation Vipassanā-Satipatthāna dans la pure tradition des centres se réclamant de l'enseignement de Mahāsi Sayadaw.

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Vous trouverez ci-dessous quelques extraits choisis.

Extrait. p.53. "Il est bien évident que personne n'aime souffrir et que chacun aspire au bonheur. Dans le monde qui est le nôtre les êtres humains font tous les efforts possibles pour prévenir et soulager la souffrance et pour goûter au bonheur. Néanmoins, leurs efforts sont principalement orientés vers la recherche du bien-être corporel en ayant recours à des moyens matériels. Mais alors qu'en définitive le bonheur est conditionné par l'attitude de l'esprit, peu de personnes réfléchissent vraiment au perfectionnement mental, et encore moins se mettent à pratiquer avec sérieux une discipline de l'esprit.

Pour illustrer ce point, jetons un regard sur nos habitudes si familières comme de se laver le corps et d'en soigner l'apparence, de rechercher sans cesse de la nourriture, des vêtements et un logement; nous réalisons des progrès technologiques extraordinaires pour élever notre niveau de vie matérielle, pour améliorer nos moyens de transports et de communication, ainsi que pour prévenir et guérir les maladies et résoudre les problèmes de santé. Tous ces efforts ont en général une seule motivation, celle de soigner et d'alimenter notre corps. Il faut reconnaître qu'ils sont essentiels. Cependant, ces efforts et leurs résultats ne peuvent alléger ni éradiquer la souffrance associée à la vieillesse et à la maladie, aux drames familiaux et aux problèmes économiques, en bref, la souffrance causée par l'insatisfaction des manques et des désirs. Les souffrances de cette nature ne sont pas éliminées par les moyens matériels; elles ne peuvent être surmontées que par l'entraînement de l'esprit et le perfectionnement mental.


Dès lors, il est clair qu'il nous faut rechercher le moyen approprié pour nous entraîner à stabiliser et à purifier l'esprit. Ce moyen approprié est présenté dans le Mahā Satipaṭṭhāna Sutta, un exposé célèbre du Bouddha, prononcé il y a plus de 2.500 ans. Le Bouddha a ainsi déclaré:

"C'est la Voie directe qui mène à la purification des êtres, à la victoire sur la tristesse et les lamentations, à la destruction de la douleur et du chagrin, à l'atteinte de la Voie juste, à la réalisation du nibbāna, ce sont les quatre établissements de l'attention.

Les quatre établissements de l'attention sont 1) l'observation attentive du corps 2) l'observation attentive des ressentis 3) l'observation attentive de l'esprit et 4) l'observation attentive des objets mentaux."

 

Extrait. p.3. "Selon la psychologie bouddhiste, ou Abhidhamma, vous n'êtes pas votre esprit. Vous savez déjà que vous n'êtes pas votre corps. Mais vous ne savez pas encore que vous n'êtes pas votre esprit parce que, par habitude, vous vous identifiez à chaque pensée, ressenti, pulsion, émotion ou sensation qui vous vient à l'esprit. Chacun de ces phénomènes vous emporte dans un train de pensées. Par la pratique de la Pleine Attention, vous parvenez à observer le crescendo et le decrescendo de chaque pensée et de chaque ressenti ainsi que son apparition et sa disparition; vous développez ainsi progressivement un sentiment de distanciation et de détachement à leur égard. Dès lors, vous ne serez plus soumis à vos réactions compulsives. Cela conduit à un calme intérieur profond et paisible. Grâce à une pratique plus poussée, vous perfectionnerez la Vision Pénétrante et la connaissance, cette capacité de l'esprit de percer à travers les voiles de l'illusion et de l'ignorance jusqu'à la réalité qui se trouve au-delà."

 

Extrait. p.17.

Dans ce but, l'exercice consiste simplement à noter -ou observer- les éléments existant dans chaque acte de voir. Il faut systématiquement noter "voir…voir" pour chaque acte de voir. (Les termes noter, observer ou contempler signifient l'action de garder l'esprit fixé sur un objet dans le but d'en avoir une connaissance claire.) Du fait de maintenir l'esprit fixé en notant "voir…voir", parfois c'est l'objet visuel qui est noté, parfois c'est la conscience de voir, et parfois c'est la base de l'œil, c'est-à-dire le siège de la vue. Cela servira le but si l'observation permet de faire la distinction entre chacun de ces trois éléments. Sinon, se basant sur l'action de voir, se produira une croyance erronée d'un "moi" qui voit en tant que personne ou appartenant à une personne et caractérisé par la permanence, le bien-être et la personnalité (nicca, sukha et attā), et qui suscitera l'attachement et le désir ardent. En conséquence de ceci, les obscurcissements de l'esprit entraîneront des actes, et ceux-ci seront la cause d'une renaissance dans une nouvelle existence. C'est ainsi qu'entre en œuvre le processus de l'origine conditionnée et que le cercle infernal du saṁsāra tourne sans cesse. Afin d'éviter que cela se produise à partir de l'acte de voir, il faut nécessairement noter "voir, voir" à chaque fois que l'on voit.

De même, dans le cas de l'ouïe, il n'y a que les deux éléments de la matière et de l'esprit. Le sens de l'ouïe se produit en dépendance avec l'oreille. Alors que l'oreille et le son sont deux éléments de la matière, le sens de l'ouïe est un élément de l'esprit. Afin de réaliser une distinction claire entre la matière et l'esprit, il faut noter "entendre, entendre" à chaque fois que l'on entend.

De même, il faut noter "sentir, sentir" à chaque fois que l'on sent une odeur, et "goûter, goûter" à chaque fois que l'on goûte.

Il convient de noter de la même façon au moment où l'on connaît – ou ressent la sensation du toucher dans le corps. Il existe dans tout le corps un élément matériel connu sous le nom de tissu nerveux (kāya-pasāda) qui perçoit chaque contact du toucher. Chaque type de toucher, agréable ou désagréable, entre systématiquement en relation avec le tissu nerveux et il se produit une conscience tactile (kāya-viññāṇa) qui ressent ou connaît chaque contact tactile. On verra maintenant qu'à chaque fois qu'il y a un toucher il existe deux éléments de matière, à savoir l'organe sensoriel et le contact tactile, et un élément de l'esprit, à savoir la connaissance du toucher. Pour connaître ces choses distinctement à chaque toucher on doit systématiquement noter "toucher, toucher". Cela se réfère simplement à la forme ordinaire de la sensation du toucher. Des formes particulières peuvent accompagner les sensations douloureuses ou désagréables, telles que ressentir de la raideur ou de la fatigue dans le corps ou dans les membres, de la chaleur, de la douleur, de l'engourdissement, un malaise, etc. Parce que le ressenti (vedanā) est prédominant ici, on notera, selon le cas, "sensation de chaleur, de fatigue, de douleur, etc." 

 On peut aussi mentionner qu'il existe de nombreux types de sensations de toucher dans les mains et les jambes, etc., se produisant à chaque fois qu'il y a flexion, étirement ou mouvement. En raison d'activités mentales consistant à vouloir bouger, s'étirer ou plier les membres, des activités matérielles de mouvement, d'étirement ou de flexion, etc., se produisent en série (il se peut qu'il ne soit pas possible d'observer ces activités pour l'instant. Elles ne peuvent être observées qu'après avoir avancé dans la pratique. Nous le mentionnons ici au titre de la connaissance.) Toutes les activités dans les mouvements, dans les changements, etc., sont initiées par ces activités mentales. À la suite de ces activités mentales de vouloir se pencher se produit une série de mouvements de la main ou de la jambe vers l'intérieur; à la suite de ces activités mentales de vouloir s'étirer ou bouger se produit une série de mouvements vers l'extérieur ou de mouvements de va-et-vient. Ils disparaissent ou cessent peu de temps après qu'ils se soient produits et à l'instant même de leur manifestation. (On observera ces phénomènes plus tard.)

Lors de chaque activité de flexion, d'étirement ou autre, apparaît au préalable une série d'activités volitionnelles -ou intentionnelles, et celles-ci constituent la cause d'une série d'activités matérielles dans les mains et les jambes telles que raidissement (ou dureté), flexion, étirement ou de va-et-vient. Ces activités entrent en contact avec d'autres éléments matériels, le tissu nerveux, et de chaque contact entre une activité matérielle et une fonction sensorielle naît une conscience tactile, qui ressent -ou connaît la sensation du toucher. Par conséquent, il est clair que les activités matérielles sont les facteurs prédominants dans ces cas. Il faut noter ces facteurs prédominants. Sinon, se produira sûrement une idée fausse qui consiste à considérer ces activités dans le sens de "JE me penche, ou JE m'étire, ou Mes mains, ou Mes jambes". Cette pratique de noter l'action de se pencher, de s'étirer, de bouger, est menée dans le but de supprimer une telle croyance fausse.

En ce qui concerne les pensées, imaginations, etc., on peut mentionner que, en dépendance avec la base physique de l'esprit, se produit une série d'activités mentales, comme penser, imaginer, etc., ou, exprimé en langage courant, qu'une série d'activités mentales se produit en dépendance avec le corps. En réalité, il s'agit à chaque fois d'un composé de matière et d'esprit; la base de l'esprit -ou le corps, est matière, alors que penser, imaginer, etc. est esprit. Afin de pouvoir distinguer clairement d'une part la matière et d'autre part l'esprit, il faut à chaque fois noter "pensée, imagination", etc.

 

Extrait. p.25.

Voici la forme d'exercice la plus simple et la plus facile pour un débutant. À chaque respiration se produisent des mouvements de montée et de descente de l'abdomen: un débutant devrait commencer par l'exercice de noter –ou observer, ces mouvements. Il est facile d'observer ces mouvements parce qu'ils sont grossiers et prédominants et sont plus adaptés pour un débutant. Comme dans les écoles où les leçons simples sont faciles à apprendre, dans la pratique de la méditation Vipassanā c'est la même chose. Un débutant trouvera plus facile de perfectionner la concentration et la connaissance grâce à un exercice simple et facile.

Encore une fois, le but de la méditation Vipassanā est de commencer l'exercice par l'observation des facteurs prédominants dans le corps. Des deux facteurs de l'esprit et de la matière, l'élément mental est subtil et moins prédominant tandis que l'élément matériel est grossier et plus prédominant.

 

Extrait. p.28. Parce qu'ils n'ont aucune connaissance pratique de la méditation Vipassanā, les gens ne sont généralement pas en mesure de comprendre la réalité de l'esprit. Cela les conduit naturellement à la croyance erronée de considérer l'esprit comme étant une personne, un "moi" ou une entité vivante. Ils croient généralement que "l'imagination est Je; J'imagine, Je pense, Je prévois, Je sais", et ainsi de suite." Ils considèrent qu'il existe une entité vivante ou un "moi" qui grandit depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte. En réalité, il n'existe pas d'entité vivante, mais un processus continuel d'éléments de l'esprit qui se manifestent l'un après l'autre et un seul à la fois. La pratique de la méditation est donc menée en vue de découvrir la réalité des faits."

 

Extrait. p.51. "Quand un méditant a pleinement développé les connaissances spirituelles de la Vision Pénétrante de l'impermanence, de la souffrance et de l'absence d'un "moi", il réalisera le nibbāna. Depuis des temps immémoriaux, les Bouddhas, les arahants et les saints ont réalisé le nibbāna par le moyen de Vipassanā. C'est la Voie élevée menant au nibbāna. En fait, Vipassanā est constituée des Quatre Applications de la Pleine Attention (satipaṭṭhāna) et est donc la Voie élevée vers le nibbāna."

 

Extrait. p.74. "Il a été souligné au cours de ce bref exposé de la pratique que vous devez observer chaque événement mental, que celui-ci soit bon ou mauvais, chaque mouvement corporel grand ou petit, chaque ressenti (corporel ou mental) agréable ou désagréable, et ainsi de suite. Si, au cours de la pratique, il arrive par moments qu'il n'y ait rien de spécial à observer, alors soyez entièrement attentif à la montée et la descente de l'abdomen. Lorsque vous devez accomplir tout type d'activité qui nécessite de marcher, alors, en complète attention, chaque pas doit être brièvement noté marcher, marcher ou gauche, droit. Mais quand vous pratiquez un exercice de marche, observez chaque pas en trois sections: en haut, en avant, en bas. Le méditant qui se sera ainsi consacré à la pratique jour et nuit sera capable d'ici un temps assez court de développer la concentration pour réaliser l'étape initiale du quatrième niveau de la Vision Pénétrante (connaissance de l'apparition et de la cessation)5 et, ultérieurement, les hauts niveaux de la méditation de la Vision Pénétrante (vipassanā-bhāvanā)."

 

Extrait. p.98. "Par conséquent, à ce stade, un méditant, conscient des processus corporels et mentaux, atteindra immédiatement la "connaissance de l'apparition et de la disparition", suivie bientôt des autres étapes progressives de la Vision Pénétrante jusqu'à "la connaissance de l'équanimité à propos des phénomènes corporels et mentaux". Quand la connaissance mûrit, la cessation des phénomènes corporels et mentaux, c'est-à-dire le nibbāna, se réalise par la "connaissance de la réalisation des Résultats" qui en est l'aboutissement."

 

 

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Rédigé par Christian Galliou

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