Publié le 20 Août 2017

 

Si vous ressentez l'insatisfaction dans votre vie et que vous recherchez une pratique méthodique pour y remédier,  pourquoi ne pas saisir l'opportunité de cette journée d'apprentissage?

 

Les exercices de base de cette méditation sont d'une grande simplicité et trouvent leur application immédiate dans chacune de nos activités quotidiennes.

Une pratique régulière se révélera d'une grande efficacité pour connaître l'esprit en profondeur et y éradiquer "ici et maintenant" les causes de notre souffrance existentielle récurrente. Cette connaissance directe de la nature des composants du corps et de l'esprit apparait d'elle-même grâce à l'effort de retour à l'attention et à la concentration sur toute manifestation d'origine physique ou mentale. La journée du 24 septembre sera consacrée aux exercices d'observation attentive des phénomènes d'origine physique, les plus faciles à noter.

S'appuyant sur leur expérience de la méditation entamée il y a quarante ans, les animateurs de cette journée, Marie-Noëlle et Christian Galliou, enseignent à Morlaix dans le cadre de cours hebdomadaires. Leur participation est bénévole.

Cette journée est accueillie par l'association Castelmen et se déroulera au manoir de Castelmen à Taulé.

               Comment se déroulera la journée:

9h30   - Présentation de la méditation Vipassanā.

9h45     - Marche attentive guidée.

10h15 - Assise attentive guidée.

10h45  Pause (en silence).

11h - Marche attentive guidée.

11h30 - Assise attentive guidée.

12h15 Repas (en silence). Le repas froid est sorti du panier.

13h45 - Marche attentive guidée.

14h15 - Assise attentive guidée.

15h Pause (en silence).

15h15 - Marche attentive guidée.

15h45 - Assise attentive guidée.

 

16h30 - Questions et réponses concernant la pratique.

 

17h00 Collation, discussion ouverte aux échanges sur la journée.

 

              Ce qu'il faut apporter:

  • Coussin ou banc de méditation. Des chaises seront mises à la disposition des personnes qui le souhaitent.
  • Tapis de sol ou couverture (pour le sol).
  • Plaid (pour l'assise).
  • Chaussettes chaudes (on circule déchaussé dans la pièce de méditation).
  • Un repas froid.

    Inscriptions: le nombre de participants étant limité à 15, il est impératif de s'inscrire à l'adresse mail ci-dessous, une confirmation de votre inscription vous parviendra dans les jours suivants. Au cas où le groupe serait déjà au complet pour cette journée du 24 septembre, votre nom figurera sur une liste d'attente pour les autres journées prévues au cours des mois prochains. Pour toute question, contactez-nous au 02 98 15 35 90 ou par mail pleine.conscience@orange.fr

Participation aux frais: 11 euros, à régler à l'association Castelmen.

            Pour se rendre au manoir de Castelmen depuis Morlaix: à la zone du Launay prendre la direction de Roscoff jusqu'à la sortie 37 Gare de Taulé. Au stop tourner à droite, puis de nouveau à droite, puis à gauche et rouler sur 700 mètres jusqu'au panneau Castelmen.

 Un dimanche en octobre 

Les inscriptions sont closes pour ce dimanche de septembre. Une journée d'initiation est prévue pour le dimanche 22 octobre, avec un programme quasiment identique à celui présenté ci-dessus. le nombre de participants est toujours limité à 15.

Les inscriptions sont ouvertes, pensez-y dès maintenant!

 

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Rédigé par Christian Galliou

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Publié le 23 Mars 2017

Si l'on admet, avec les textes de la tradition, que l'ignorance de ce que nous sommes dans la réalité est à l'origine de l'apparition de dukkha, la souffrance sous tous ses aspects, la solution pour faire diminuer dukkha et l'éradiquer sera logiquement de travailler à la disparition de cette ignorance. Pour réaliser la connaissance directe (pañña en pāli) de ce que "je suis" au-delà des apparences illusoires, il est primordial de mettre en place les conditions de son émergence par la notation de l'apparition, de l'existence et de la disparition de chaque conscience prédominante à l'esprit dans l'instant présent. Et ce champ de notation inclut toute forme de conscience, que son origine soit physique ou mentale. Vipassanā, la vision directe de la réalité de tout phénomène corporel ou mental, est l'aboutissement attendu de la méthode Satipatthāna dont la signification est "L'établissement de l'attention". C'est ce que nous mettons en pratique lors de nos ateliers hebdomadaires à Morlaix. L'efficacité de la méthode suppose, bien entendu, qu'elle soit menée avec sérieux et en confiance.

Une attention la plus juste possible lors de l'apparition de chaque conscience dans notre vie quotidienne va diminuer le nombre de manifestations des consciences de ressenti douloureux, de dukkha. Renouvelé tout au long de la journée, cet effort de retour à la conscience dominante de l'instant va aussi préparer l'esprit à la concentration et à l'attention justes durant la séquence quotidienne de marche et d'assise attentives, autre condition à respecter pour faire progresser l'esprit vers cette connaissance libératrice.

Dans la vie courante, la pratique de l'attention juste consiste donc à faire l'effort de ramener l'esprit le plus souvent possible à la conscience dominante. Mais, avant tout, nous identifierons chaque type de conscience à partir de son objet: visuel, auditif, tactile, olfactif, gustatif ou mental. Le même effort à fournir lors des marches et assises s'en trouvera ainsi renforcé.

Car il s'agit bien d'une méthode pratique et non d'une matière à spéculations intellectuelles. Ce qui induit que les résultats sont réels et que si nous avons noté les consciences dominantes instant après instant, du moins le plus souvent possible, nous constaterons par nous-même que la journée s'est plutôt mieux déroulée du fait de cette pratique. De cette manière, l'esprit s'est préparé aux grands nettoyages effectués lors des marches et assises quotidiennes qui le libèrent des causes inconscientes de dukkha. Ainsi, ayant admis a priori que "l'ignorance de ce que nous sommes dans la réalité est à l'origine de l'apparition de dukkha", l'esprit expérimente les premiers bénéfices et constatera que ceux-ci sont en rapport direct avec l'approche vécue de la réalité de ce que nous sommes: éléments de matière d'une part et, d'autre part, consciences qui apparaissent, existent et disparaissent.

Comment se caractérise une conscience ? Une conscience est le produit d'une rencontre (d'une "concomitance") de trois éléments de types différents: un organe des sens, un objet des sens et une attention. Chaque conscience est identifiable par son objet: une conscience visuelle apparait à partir d'un objet visible (couleurs et formes), une conscience auditive à partir d'un objet audible (son), une conscience mentale à partir d'un objet mental (sensation, ressenti, état d'esprit, souvenir, intention, etc.), et il en est de même pour une conscience tactile, gustative ou olfactive lorsque celle-ci se manifeste. Avec les progrès dans la pratique de l'attention juste, on constatera d'une part qu'il n'existe qu'une seule conscience à la fois, et, d'autre part, que cette conscience apparait à partir d'une attention générée lors du contact entre un organe et un objet; dès que cette attention aura cessé d'exister, cette conscience disparaitra aussitôt. Chaque conscience est donc unique, comme celle qui va lui succéder et ainsi que celle qui l'aura précédée. Par conséquent, il n'y a pas de conscience permanente qui serait colorée selon son objet: "La conscience visuelle ne passe pas à l'oreille et ne devient pas conscience auditive, et ainsi de suite". (Majjhima nikāyaṭṭhakathā, Papañcasudani).

"Parce qu'ils n'ont aucune connaissance pratique de la Méditation Vipassana, les gens ne sont généralement pas en position de connaître la nature véritable de l'esprit. Ce qui les amène naturellement à considérer faussement l'esprit comme une "personnalité", un "moi" ou une "entité vivante". Ils pensent généralement: "l'imagination est Je; Je suis en train d'imaginer; Je me propose de; Je suis en train de connaître", et ainsi de suite. Ils estiment qu'il existe une entité vivante ou un moi qui se développe depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte. En réalité, il n'y a pas d'entité vivante, mais un processus continu d'éléments mentaux se manifestant séparément et successivement. La pratique de la contemplation est donc effectuée dans le but de découvrir la réalité."  Mahasi Sayadaw

 

"Ne pas faire le moindre mal, cultiver le bien, purifier son esprit; tel est l'enseignement des bouddhas".   -Dhammapada – verset 185.

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Rédigé par Christian Galliou

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Publié le 4 Septembre 2016

 

"L'existence est insatisfaisante et sujette à la souffrance, "dukkha".

                                                                                       Le Bouddha

 

 

 

L'association Méditation Pleine Conscience Vipassana organise des ateliers hebdomadaires d'apprentissage de la méditation Satipatthâna Vipassanâ. Au programme: marche attentive guidée, assise attentive guidée sur une chaise, un banc de méditation ou un coussin (recommandé), et réponses aux questions.

Les ateliers sont animés par Marie-Noëlle et Christian Galliou. Bien que pratiquant la méditation selon les enseignements du Bouddha depuis quarante ans, ils ne se qualifient pas de "bouddhistes". Leur souhait est simplement d'offrir à chacun l'opportunité de découvrir cette voie de libération de la souffrance. Leur démarche est totalement bénévole, excluant toute rétribution ou don. 

Le but de ces ateliers est l'acquisition des bases de la pratique de la méditation Satipatthâna afin d'être en capacité d'assurer par soi-même une pratique individuelle quotidienne d'une heure chez soi, et, à court ou moyen terme, lors de temps de pratique plus longs. Et, d'augmenter l'aptitude, tout au long de notre quotidien, à ramener l'esprit "à ce qui est", pour le libérer peu à peu des causes profondes de son insatisfaction sans cesse renouvelée.

 Il n'est pas nécessaire d'avoir participé aux ateliers précédents, ni même de s'inscrire, pour pratiquer la méditation au cours de ces ateliers. Présentez-vous simplement à votre arrivée à Marie-Noëlle.

Pour nous contacter, utilisez la rubrique "Contact" de la barre de navigation en haut de page.

Le roi Kosala fit une fois la remarque, parlant au Bouddha, que les disciples du Bouddha "étaient joyeux et transportés, jubilants, heureux dans la vie spirituelle, leurs facultés satisfaites, exempts d'anxiété, sereins, paisibles et vivants avec un esprit de gazelles, c'est-à-dire d'un coeur léger". Le roi ajouta que ces heureuses dispositions étaient dues au fait que "ces vénérables avaient certainement réalisé la haute et pleine signification de l'enseignement du Bienheureux".  (Majjhima-nikâya II (PTS) p.121)

 

Où? Au centre ville de Morlaix, 20 Place des Otages ( salle de yoga de Jean-Michel Creisméas). Site Web: http://www.yoga-morlaix.fr/

 

Quand? Chaque samedi.    Début à 18h jusqu'à 20h.

REPRISE LE SAMEDI 2 SEPTEMBRE

Nouveau: à partir du mois de septembre 2017, un atelier mensuel de quatre heures sera proposé aux personnes ayant déjà une pratique régulière.

 Combien? Deux séances d'essai gratuites. Adhésion annuelle à l'association: 15€. Participation trimestrielle: 15€.

Photo: Chapelle Saint-Herbot (fin XVe s.), Plonévez-du-Faou. Entre chien de chasse et lièvre, l'homme de la Voie. "Parcourir la Voie n'est pas difficile, il suffit qu'il y ait ni avidité ni aversion". Shin jin mei.

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Rédigé par Christian Galliou

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Publié le 14 Décembre 2014

Cetasika "choses mentales, facteurs mentaux" est le terme pour désigner "les concomitances mentales liées à la conscience, apparaissant simultanément (citta=viññāṇa) et conditionnées par sa présence." * Si les sutta présentent tous les phénomènes de l'existence sous la forme de cinq groupes -les cinq kkhanda- (voir l'article), l'Abhidhamma les expose sous trois aspects: citta, esprit, conscience, état de conscience, cetasika, facteurs mentaux et rupa, corporéité.

Le tableau ci-dessous classifie les cinquante deux facteurs mentaux (cetasika) qui comprennent les perceptions (sañña), les ressentis (souvent appelés sensations) (vedanā) auxquels s'ajoutent les cinquante formations mentales (saṅkhāra) en fonction de leurs conséquences karmiques: neutres, nuisibles ou bénéfiques.

*Nyanatiloka - Vocabulaire Pali-Français.

 

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Rédigé par Christian Galliou

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Publié le 12 Décembre 2014

"Le capitalisme organise la rareté, le besoin et la frustration. Les générations passent, s'"enrichissent" (accumulent des objets et des déchets), mais leur frustration, leur peur de l'avenir et du manque ne paraît pas diminuer." Bernard Maris, économiste.

"Le Grand Médecin", c’est ainsi qu’est parfois nommé le Bouddha. Dans le premier sermon qu'il fait après son éveil, tel un praticien devant son malade, le Bouddha pose le diagnostic du mal (dukkha), son origine, sa guérison et son remède. Le sens de dukkha, terme pali traduit le plus fréquemment par souffrance, douleur, mal-être, insatisfaction, maladie, est exposé dans la Première Noble Vérité du Bouddha. Pour une meilleure compréhension, les textes traditionnels ont divisé dukkha en trois aspects, du plus évident au plus subtil. Le troisième aspect inclut les deux premiers et à la fois nous éclaire sur ceux-ci, faisant du dhamma du Bouddha une voie de guérison exceptionnelle.

Les trois formes de dukkha :

  1. Dukkha-dukkha : la souffrance ordinaire.
  2. Vipariṇāma-dukkha : la souffrance produite par la fin des choses.
  3.  Saṇkhāra-dukkha : la souffrance due à l’état conditionné.

 

1-Dukkha-dukkha : la souffrance ordinaire.

  Elle est constituée par toute forme de sensation déplaisante physique ou mentale communément reconnue comme souffrance :

  • Naissance, vieillesse, maladie, mort.
  • Douleur, lamentations, détresse, anxiété.
  • Etre en contact avec ce qui nous déplaît et être séparé de ce qui nous plaît.
  • Eloignement et coupure d’avec des êtres aimés.
  • Ne pas obtenir ce que l’on désire.

 

2-Vipariāma-dukkha : la souffrance produite par la fin des choses.

Des sentiments heureux aux conditions de vie plaisantes, des plus grandes sensations agréables aux états de bien-être, tout phénomène contient la graine de la souffrance du fait de sa durée inéluctablement limitée.

Le Bouddha reconnaît deux types de bien-être (sukkha) : d’une part le bien-être ordinaire, qu’il oppose à la souffrance ordinaire (dukkha-dukkha), lié par exemple à la vie de famille ou à la vie solitaire, au plaisir des sens ou à son renoncement, à l’attachement ou au détachement, intéressé ou désintéressé etc.  et, d’autre part, le bien-être lié aux états spirituels appelés "états d’absorption", jhāna en pali, dhyâna en sanscrit. Ces jhāna, qu’ils soient exempts de douleur au sens ordinaire, emplis d’un bonheur sans mélange (pīti) ou qu’ils soient libérés de toute sensation agréable ou désagréable, sont considérés également comme vipariāma-dukkha, souffrance due à l’impermanence, car limités dans leur durée.  

 

3-Saṇkhāra-dukkha : la souffrance en tant qu’état conditionné :

C'est l’aspect le plus subtil et le plus important de la Première Noble Vérité et qui constitue la particularité de l’enseignement du  Bouddha. Cet aspect inclut les deux autres en expliquant que la cause de toute manifestation de dukkha est l’ignorance de notre véritable réalité et l’illusion qu’un être existe en tant que "moi" et que toute formation mentale ou corporelle est "à moi" (upādāna). Cette illusion entraîne la "soif du désir" (taṇhā) de saisir les composants de notre corps, alors que ceux-ci ne sont en réalité que des forces ou énergies soumises à un processus d’apparitions et disparitions perpétuelles, cause de dukkha pour l’être ignorant. "Quoiqu’il existe de corporéité, de sensations, de perceptions, de formations mentales et de conscience…/…on devrait le comprendre avec la réalité et l’intelligence véritable : "Ceci ne m’appartient pas, je ne suis pas ceci, ceci n’est pas mon ego." Saṁyutta-Nikaya XXI

"La conscience du soi comprend la façon dont le cerveau se représente le corps, mais aussi le «soi»: la reconstruction cohérente de mes décisions et de mes pensées." Stanislas Dehaene, neuroscientifique.  Pour visionner la video cliquer ICI

Les sutta regroupent ces composants ou formations d’existence sous l’appellation "groupes d’attachement ou de saisie" (Pañcupādānakkhandhā) qu’ils divisent en cinq catégories totalement conditionnées les unes par les autres. Ce quintuple groupe est fondamentalement inséparable et concomitant, et rien d’autre n’existe en dehors ou au-delà de celui-ci : "Il est impossible à quiconque d’expliquer la disparition d’une existence et l’apparition dans une nouvelle existence, ou l’accroissement, l’augmentation et le développement de la conscience indépendamment de la corporéité, de la sensation, de la perception et des formations mentales." Majjhima-Nikāya 48

Cette présentation du corps en cinq groupes se divise en deux catégories : la matière ou corporéité (rūpa ou rūpa-kāya §1 ci-après) et l’esprit (nāma ou nāma-kāya  §2,  §3,  §4,  §5  ci-après). En bref, ce corps, ce quintuple groupe qui, à partir du point de vue erroné d’une existence de "moi" et de "à moi" est considéré comme un objet d’appropriation, c'est cela dukkhā. (Saṅkhittena Pañcupādānakkhandhā Dukkhā) *. Et voici quels sont ces cinq groupes, vus comme objets d’appropriation:

 

1-Le groupe de la matière vue comme objet d’appropriation (Rūpūpādānakkhandhā ou rūpa-kkhandha) :     

Ce groupe comprend tout phénomène matériel ainsi que les contacts des phénomènes matériels entre eux. Ces phénomènes physiques temporaires, éléments premiers (dhātu) et leurs dérivés (upādā-rūpa), sont désignés par rūpa. Les quatre autres groupes désignent l’aspect spirituel du corps, l’esprit, nāma.

A) La corporéité non-dérivée (dhātu) : quatre éléments physiques, qualités premières de la matière: mouvement (air), chaleur (feu), cohésion/fluidité  (eau), dureté/solidité/lourdeur/douceur (terre). Ces éléments sont associés au sens du toucher.

B) La corporéité dérivée (upādā-rūpa) : ce sont les cinq organes physiques des sens (oeil, oreille, langue, nez, corps) et les objets physiques associés : forme visible, son, goût, odeur, (les objets tangibles sont déjà cités dans la corporéité non-dérivée (voir ci-dessus). A ces neuf phénomènes secondaires s'ajoutent quinze autres: sexe féminin, sexe masculin, base physique de l'esprit, expression corporelle, expression verbale, espace (cavités), vitalité, légèreté, malléabilité et agilité physiques, croissance, durée, déclin, impermanence, aliment. Soit un total de vingt-quatre phénomènes constituant la corporéité dérivée des quatre éléments (dhātu)

L’organe mental, ou base physique de l’esprit (mano āyatana), est donc compté au même titre que les autres dérivés, les objets associés n'étant pas physiques, mais mentaux, les contenus de la pensée (dhamma-dathu).

C’est le cinquième groupe (viññāṇa-kkhandha -voir ci-après §5) celui des consciences sensorielles, qui, associé à l'attention, connaît le contact entre l'organe matériel des sens et l’objet matériel ou mental spécifique à cet organe : la conscience qui apparait et disparait est donc appelée, selon l’objet, conscience visuelle, auditive, tactile, gustative, olfactive ou mentale. A ce stade il n’y a pas de reconnaissance de l’objet matériel ou mental lui-même : cette fonction est celle du troisième groupe (saññā-kkhandha -voir ci-après §3). Lorsque cette reconnaissance s’opère, alors le cinquième groupe, celui des consciences sensorielles, connaît cette reconnaissance (saññā) en tant qu’objet mental de la même façon qu’il avait connu l’objet matériel visuel lors du contact entre l’organe de la vue et l’objet visible, entre l’organe de l’ouïe et l‘objet audible, etc. Et il en va de même pour les sensations (vedanā-kkhandha) et les autres activités mentales (saṅkhāra-kkhandha).

 

2-Le groupe des trois types de sensations, vues comme objets d’appropriation (Vedanūpādānakkhandhā ou vedanā-kkhandha) :

La conscience d’un objet physique ou mental va déclencher une sensation agréable, désagréable ou d’indifférence : sensation corporelle agréable (sukkha), sensation corporelle douloureuse (dukkha), sensation mentale agréable -gaieté (somanassa), sensation mentale douloureuse -tristesse (domanassa), indifférence (adukkham-asukhā vedanā).

C’est la sensation qui conditionne l’apparition de la soif du désir (taṇhā).

Et c’est toujours le cinquième groupe (viññāṇa-kkhandha) qui connaît la sensation.

 

3-Le groupe des perceptions, vues comme objets d’appropriation (Saññūpādānakkhandhā ou saññā-kkhandha)

Ainsi qu’expliqué ci-dessus, c’est cette fonction de l’esprit qui reconnaît, nomme, identifie chaque objet matériel ou mental associé au cinquième groupe, celui de la conscience (viññaṇa-kkhandha).

Et c’est toujours ce dernier groupe (viññāṇa-kkhandha), qui connaît la perception.

 

4-Le groupe des formations mentales, vues comme objets d’appropriation (Saṅkhārūpādānakkhandhā ou saṅkhāra-kkhandha).  

Le quatrième groupe de saisie est formé de cinquante facteurs mentaux qui sont ou karmiquement neutres, ou nuisibles ou bénéfiques. Selon l'Abhidhamma, il y a cinquante-deux formations mentales (cetacika) comprenant les sensations (vedanā), les perceptions (saññā) et  les cinquante formations mentales (saṅkhāra). Parmi ces cinquante formations mentales on trouve l’attention, la confiance, la volonté, le sens moral, l’agilité, la souplesse, l’absence de colère, l’absence d’avidité, l’ignorance, la vanité, l’idée du soi, la paresse, l’envie etc. Voir le tableau des 52 formations mentales  de l'Abhidhamma.

Le désir se présente sous trois formes : le désir des sens (kamā-tanhā), le désir de devenir et d'existence éternelle après la mort du corps (bhava-tanhā), et le désir d'auto-annihilation lors de la mort du corps physique (vibhava-tanhā).

Lorsqu'une sensation plaisante apparaît, se produit alors une convoitise à son égard, créant un attachement (ūpādāna) qui va conditionner une action volontaire (cetanā ou kamma), génératrice de devenir et donc de future (re)naissance. Les cinquante facteurs mentaux comprennent les 6 volitions mentales ou actes volontaires du corps, de la parole et de l’esprit dirigées vers les objets associés à chacun des organes des sens. Elles se manifestent sous la forme, d’une part, d’actions bonnes ou favorables (kusala), car conditionnées par l’altruisme, la bienveillance ou le non-égarement, et, d’autre part, d’actions mauvaises ou défavorables (akusala), parce que conditionnées par la convoitise, la haine ou l’égarement. Les kamma favorables constituent des conditions, d'une part, pour des existences futures agréables et, d'autre part, pour l'accès aux plus hauts états de réalisation.

Les volitions sont donc elles-mêmes dukkha, ont dukkha pour origine et sont cause de dukkha. Car, favorables ou défavorables, les volitions ont pour origine première l’ignorance et plus particulièrement la vue fausse de la croyance en un moi, deux des cinquante formations mentales karmiques (cetacika), elles-mêmes dukkha.

Mais il ne peut y avoir d’acteur, seulement des actes, ni personne pour récolter les fruits des actes. Il y a seulement des phénomènes physiques et mentaux momentanés, naissant et mourant suivant les conditions créées par les kamma antérieurs, et qui sont dukkha, souffrance, mal-être, mécontentement. C’est ce qui est appelé renaissance et mort ou disparition. "Au sens absolu, les êtres n'ont qu'un très court laps de temps à vivre, la vie ne durant qu'aussi longtemps que dure un seul moment de conscience.../...Aussitôt que ce moment de conscience cesse, l'être cesse également". Visuddhi-Magga

Et c’est toujours le cinquième groupe (viññāṇa-kkhandha) qui connaît les activités mentales.

 

5-Le groupe des consciences, vues comme objets d’appropriation (Viññāṇūpādānakkhandhā ou viññāṇa-kkhandha).

Organe physique des sens + objet physique ou mental + attention = conscience.

Chaque conscience étant associée à un objet des 6 sens, il existe donc six formes de consciences sensorielles, selon l’objet associé à chacune d’elles : visuelle pour l’œil, les formes et les couleurs, auditive pour l’oreille et les sons, tactile pour le corps, les mouvements, la chaleur, la cohésion/fluidité et la dureté/solidité, gustative pour la langue et les goûts, olfactive pour le nez et les odeurs ou mentale pour l’esprit et chacune des 52 formations mentales.

Chaque conscience existe de façon très éphémère, son apparition étant soumise à des conditions matérielles et mentales ;  celles-ci une fois disparues, cette conscience disparaît, alors qu’une autre apparaît à son tour. "La conscience visuelle apparaît étant "conditionnée" par l’œil, l’objet visible, la lumière et l’attention. La conscience auditive apparaît étant "conditionnée" par l’oreille, l’objet audible, le passage de l’oreille et l’attention…/… La conscience mentale apparaît étant "conditionnée" par l’esprit subconscient (bhavaṅga-mano) l’objet de l’esprit et l’attention. » Visuddhi-Magga XV.

Le Bouddha donne une précision d’une extrême importance au sujet des caractéristiques de la conscience : "La conscience (visuelle) ne passe pas à l'oreille, etc. ... et ne devient pas conscience auditive, et ainsi de suite".

Ce qui signifie que le quintuple groupe, qu’il convient de comprendre comme un processus dynamique, produit des apparitions et disparitions de consciences, mais en aucun cas ne possède d’élément permanent appelé "une conscience" qui se transformerait sous l’influence des objets sensoriels du moment. Chaque phénomène physique et mental est produit par des conditions, qui, dans le cas d’une action volontaire  causée par l’ignorance, l’avidité ou la haine, produira lui-même dans le futur une cause pour l’apparition d’autres phénomènes.

Absence de permanence et répétition incessante de ruptures (anicca), absence de moi (anatta) et donc de "à moi", ignorance de cette réalité et donc apparition de dukkha: en appliquant le remède de l'Octuple Noble Sentier, nous dit le Bouddha, il est possible de réaliser l’Eveil à cette réalité afin de réaliser Nibbāna et ainsi mettre fin à dukkha.

 

* En 1957, le Mahāsi Sayādaw prononçait un discours à la radio birmane (Myanmar aujourd'hui). C'était le jour de la fête annuelle de la célébration du Premier Discours du Bouddha que celui-ci fit au "Parc des Gazelles" de Bénarès. Nous reproduisons ici la partie en pali dans laquelle le Bouddha expose sa définition de dukkha, suivie de sa traduction du birman en anglais de l'explication donnée par le Sayādaw (1). Précisons que le Mahāsi Sayādaw U Sobhana a dirigé le sixième concile de l'histoire du bouddhisme théravada qui s'est tenu à Rangoon (Yangon, au Myanmar anciennement la Birmanie) entre 1954 et 1956. Il fut aussi l'un des principaux maîtres à avoir relancé la pratique de la méthode de méditation Satipaṭṭhāna.

"Idam kho pana bhikkave dukkham ariyasaccam jatipi dukkha, jarapi dukkha byadhipa dukkha, maranampi dukkham, soka, parideva, dukkha, domanasa, upayasa, sambhavanti appiyehi sampayogo dukkho, piyehi Vappayogo dukkho yampiccham na labhati, tampi dukkham, sankhittena pancupadanakkhandha dukkha."

        "Now this, monks, is the noble truth about ill as may rightly be understood by the Ariyas:

        Birth is ill, decay is ill, sickness is ill, death is ill: likewise are sorrow and grief, woe, lamentation and despair. To be conjoined with things which we dislike: to be separated from things which we like. - that also is ill. Not to get what one wants, - that also is ill. In a word, this body, this five-fold mass which is the object of grasping and which is taken on the wrong view of 'I and mine', - that is ill."

(1) Ce passage de sutta est récité chaque matin dans les monastères théravadins.

Lien: http://www.myanmarnet.net/nibbana/mhsdmcka.htm

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

           

 
 
 

 

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Rédigé par Christian Galliou

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Publié le 23 Septembre 2014

Bonjour,

Il se peut que cette pensée vous soit un jour venue à l'esprit: « Cela suffit de vivre de cette manière! je décide qu’à partir de ce jour, je n’accepte plus de vivre avec cette insatisfaction permanente et ce mal-être. Je ne veux plus dépendre des autres ou de mon environnement pour être heureux. Je veux trouver en moi-même et par moi-même cet art de vivre ».

Alors, ce site pourra vous sembler utile dans votre démarche vers le bonheur durable.

Il présente la méditation dite « Vipassana », ou de la Vision Pénétrante, dans la tradition de l'enseignement du Bouddha.

Si l’aventure vous tente, n'hésitez pas à prendre contact avec nous en écrivant un message dans la rubrique "contact" (cliquer à droite du haut de l'écran).

 

Marie-Noëlle et Christian Galliou

 

 

 

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Rédigé par Christian Galliou

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Publié le 22 Septembre 2014

Quel bouddhisme?

Affirmer l'existence du bouddhisme en tant que tel constitue déjà un paradoxe éclatant si l’on considère la notion clé de l’enseignement du Bouddha, à savoir l’"absence de substance de toute chose" (anattā). Avec cette conséquence directe que le bouddhisme n’existe pas, n’a jamais existé et n’existera jamais !

Mais soit, acceptons ce paradoxe et laissons de côté la réalité absolue pour aborder la vérité relative, ordinaire. De quel bouddhisme parle- t’on ? Du bouddhisme japonais, du bouddhisme thaïlandais, du bouddhisme chinois, du bouddhisme du Sri-Lanka ou de celui du Bhoutan ? Et, dans ces régions, du bouddhisme de quelle époque ? Et, dans la même époque, selon quelle école, et, dans la même école, selon quel maître ? On ne peut parler de bouddhisme en faisant abstraction des conditions de temps et de lieu.

Deuxième interrogation, avons-nous à l’esprit l’image de fidèles pratiquant une sorte de religion très ancrée dans la culture populaire, ou bien celle de méditants engagés sur le chemin de la réalisation des Quatre Nobles Vérités énoncées par le Bouddha ? Ou encore celle de ces adeptes de mouvements nés dans le sillage de ce Premier Enseignement au cours des siècles ? Entre les dévots, qui mêlent dévotion et rituels avec quelques bribes de l’enseignement du Bouddha, et les reclus qui se retirent dans une grotte ou dans une cabane de forêt, l’éventail des pratiques et des croyances qui se réclament du bouddhisme est très divers et très étendu ; voire même contradictoire.

D'aucuns souhaitent l’émergence, dans les siècles à venir, d’un "bouddhisme occidental". On leur opposera la même remarque que pour le "bouddhisme oriental": de quel Occident est-il question? de quelle époque, de quelle école, de quel maître ? Opérer une distinction entre un bouddhisme oriental et un bouddhisme occidental ne revient-il pas à présupposer que dukkha - la douleur, le mal-être - se manifesterait de façon différente en Orient et en Occident ? Ce qui reviendrait à remettre en question la qualité d’universalité du message du Bouddha. C’est oublier que dukkha, existe ici et maintenant, et qu’elle est la même pour chaque être vivant. Le Bouddha n’était pas…bouddhiste ! Pour le Bouddha, l’essentiel était de mettre fin à dukkha, et ce, dans le présent et le futur, ici comme ailleurs.

La pratique sérieuse du Dhamma proposée par le Bouddha conduit progressivement à la cessation de dukkha. Ce résultat est le fruit de vipassanā, ou Vision pénétrante, lors de la pratique de la méditation dite de Pleine Conscience, satipatthāna. Par dukkha s'entendent la peine et l'inquiétude, les lamentations, la souffrance physique et la souffrance mentale, celle-ci comprise dans son sens approfondi. Pour faire court, le Bouddha nous fait observer que "Etre séparé de ce qui nous plaît est dukkha et être en contact avec ce qui nous déplaît est dukkha". Selon le Bouddha, dukkha existe du fait que se manifestent les composants momentanés de ce que notre esprit prend pour un "être" ou une "personne" et que nous donnons à ces phénomènes éphémères une valeur de substance propre et donc durable. A partir de là se crée à chaque instant un désir de saisie et d'appropriation de ces mêmes phénomènes suivi d'une réaction de tentative d'accaparement ou de rejet, source d'une nouvelle insatisfaction et déclanchant une nouvelle envie. Ce désir réapparaît sans cesse, causé par une soif  jamais assouvie du fait de l'incapacité à connaître les caractéristiques fondamentales de la réalité.

Pratiquée en symbiose avec le comportement éthique (sīla), la méditation de "Pleine Conscience-Satipaṭṭhāna" permet à cet éveil de se réaliser. Cet éveil-connaissance est celui des trois caractéristiques de la réalité, à savoir:

  1. l'absence de permanence des phénomènes physiques et mentaux (anicca),
  2. l'absence de substance propre dans ceux-ci (anattā)
  3. leur caractère insatisfaisant et douloureux (dukkha).

Le processus menant à cette cessation progressive de dukkha est opéré par une purification des perturbations mentales (kilesa) et qui sont : avidité et désir sous toutes ses formes, haine et colère même atténuée, ignorance et illusion, vue erronnée sur notre véritable réalité, vanité et suffisance, doute sceptique irraisonné, paresse et torpeur, activité débordante et agitation ou remord, absence de honte ou de crainte envers les actions immorales.

Les progrès dans la voie de purification se mesureront au degré du développement des "quatre habitations sublimes"  que sont la bonté toute d'amitié-amour (mettā), la compassion (karunā), la joie altruiste (muditā), l'imperturbabilité (upekkhā).

Le stade définitif de la pratique de la Pleine Conscience-Satipatthana est la réalisation des Quatre Nobles vérités énoncées par le Bouddha, le Nibbāna, la libération définitive du désir et, donc, de dukkha.

 

 

 

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Rédigé par Christian Galliou

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